Vous ne le savez peut-être pas, mais certaines questions n’ont pas leur place durant un entretien d’embauche, car jugées discriminatoires. Si vous avez déjà été soumis à ce genre d’interrogation lors d’une entrevue, sachez qu’elles sont interdites par la loi dans de nombreux pays, et que vous êtes en droit de ne pas y répondre. Les voici.

 

  • Quelle est votre situation familiale ?

Êtes-vous marié.e ? Célibataire ? Avez-vous des enfants, ou comptez-vous en avoir ? Dans beaucoup de pays, encore, la loi n’interdit pas ce genre de questions. Elles n’ont cependant aucun rapport avec vos compétences professionnelles et ne devraient pas vous être posées. Les femmes sont souvent les plus visées, surtout en ce qui concerne le sujet des enfants, car cela laisse penser à votre recruteur (sans fondement et tout en jugement) que vous aurez à vous absenter plus souvent qu’un autre employé.

  • Pratiquez-vous une religion ?

C’est une question qui vous sera posée sous un autre angle, pour ne pas paraître trop directe. Par exemple, votre recruteur pourrait vous demander si vous avez des restrictions alimentaires, ou si vous allez à la messe le dimanche, etc. Une fois encore, vous n’avez pas à répondre à ces interrogations. Il s’agit de votre vie privée et ce genre de discrimination est condamnable.

  • Êtes-vous syndiqué ?

Au Congo, « il est interdit à tout employeur de prendre en considération l’appartenance à un syndicat ou l’exercice d’une activité syndicale pour arrêter ses décisions en ce qui concerne notamment l’embauchage » (Chapitre 7 – De la liberté syndicale , art. 210) en cas de quoi le recruteur sera puni. Au Niger, un recruteur peut être puni « d’une amende de deux cent mille (200.000) à cinq cent mille (500.000) francs » s’il vous juge sur votre appartenance ou non-appartenance à un syndicat lors d’un entretien d’embauche (art.341).

  • Quelle est votre identité sexuelle ?

Un point qui fait partie de votre situation familiale et de votre vie personnelle et qui n’a pas sa place en entretien d’embauche. Que vous soyez homosexuel.le, polygame ou asexuel, vous n’avez pas à répondre à ces questions.

  • Quelles sont vos opinions politiques ?

Qu’on ne se le cache pas, la corruption fait que, dans de nombreux pays, le simple fait de prendre parti ouvertement lors d’un débat politique peut faire de nous une cible facile. Selon la personne en face de nous, affirmer nos idées politiques, qu’elles soient en accord avec le gouvernement du pays, ou celui de l’opposition, peut briser une carrière, ou la tuer dans l’œuf. C’est un sujet risqué à aborder, alors mieux vaut l’éviter. Il n’a pas sa place dans une conversation d’embauche et pourra vous discriminer. Dans le milieu du travail, si le sujet n’est pas pertinent, gardez vos opinions pour vous. 

  • De quelle nationalité/ethnie/origine êtes-vous ?

Au Niger, l’article 338 du Code du travail menace « d’une amende de 500.000 à 2.000.000 de francs et d’un emprisonnement d’un à cinq ans (…) tout employeur qui prend en considération le sexe, l’âge, l’ascendance nationale ou l’origine sociale, la race, la religion, la couleur, l’opinion politique » en ce qui concerne l’embauche de travailleurs. Très souvent posée, cette question est pourtant interdite lors d’une entrevue. Certains recruteurs mal intentionnés pourraient vous poser une autre question plus subtile et faussement intriguée, du genre « vous avez un prénom bien original, d’où vient-il ? ». Vous n’avez pas à répondre à cette question si vous ne sentez pas qu’elle est pertinente. 

  • Quel est votre état de santé ?

Rien ne vous oblige à divulguer des informations sur votre santé à votre recruteur. Au Gabon, « toute personne, y compris la personne handicapée, a droit au travail » (article 2 du Code du travail). Il peut arriver qu’un employeur vous demande de passer un examen médical, mais en aucun cas il aura accès aux détails des résultats. Le médecin sera le seul à vous évaluer et à vous juger apte ou non à réaliser le travail demandé. Le code tu travail au Gabon stipule que « l’examen médical avant l’embauche est obligatoire lorsqu’il s’agit des femmes et des enfants de moins de 18 ans » ou si les tâches demandées sont à risque (Section 3. Aptitude à l’emploi et surveillance médicale, article 207).

Nous espérons que cet article vous aura été utile et que vous saurez éviter ce genre de questions discriminatoires lors de futurs entretien !

Catégories : Conseils Carrière

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *