Julie est une jeune gabonaise passionnée de cuisine. Découvrez son parcours d’étudiante entrepreneuse et son livre culinaire l’Afro Apéro. 

Bonjour Julie, c’est un plaisir de te recevoir ! Pourrais-tu te présenter en quelques mots ?

Je m’appelle Julie-Paulette Kassa Mapsi, j’ai 23 ans et je suis étudiante en management hôtelier.Je suis administratrice de la page culinaire PopoLovesCooking et j’ai sorti mon premier livre de cuisine qui s’appelle « L’Afro Apéro : 40 recettes gourmandes et contemporaines »

 

Comment t’es venue l’idée d’écrire l’Afro Apero ?

Photo: Nathalie Merlet

L’idée m’est venue lorsque je suis arrivée en France et que je me suis rendue compte qu’il y avait peu voire pas de livres sur la cuisine africaine noire. Je me suis dis qu’il y avait quelque chose à faire dans ce secteur et c’est pour ça que j’ai voulu écrire un livre avec les produits du terroir africain.

J’ai choisi de tourner ça autour de l’apéro parce que c’est une pratique qui est assez ancrée dans la culture occidentale, en France notamment.

Je voulais un livre qui soit à mon image. J’ai une double culture : africaine, gabonaise, mais aussi une culture occidentale parce que j’ai été dans un lycée français et cela fait 6 ans que je vis en France également.

Je voulais pouvoir écrire un livre qui puisse faire le lien entre ces deux cultures qui me sont chères.

 

Quand tu as crées ta page en 2015, avais-tu déjà l’intention d’écrire un livre ?

Non, même la création de ma page s’est fait sur un coup de tête. Je postais simplement les plats que je réalisais chez moi sur mon compte perso et je me suis rendue compte qu’il y avait de l’engouement alors je me suis dis pourquoi pas.

J’ai crée une page Facebook et je me suis dis que ça pouvait devenir quelque chose de plus concret et pas juste me limiter à une passion.

J’ai eu l’opportunité de rencontrer des personnes qui m’ont aidé, m’ont permis de rencontrer du monde et de mettre en place des projets pour me faire connaître d’avantage.

Toutes ces personnes et tout ce que j’ai pu apprendre depuis m’ont permis d’en arriver là aujourd’hui notamment avec l’écriture de l’Afro Apéro.

 

Que dirais-tu aux parents qui reprochent à leurs enfants d’être toujours sur Facebook sachant que c’est là où tu as pu crée ta communauté?

Je dirais que c’est stupide parce qu’aujourd’hui les réseaux sociaux sont très importants pour se faire connaître. Le réseau est primordial quand on a une activité et qu’on veut qu’elle florisse.

Les réseaux sociaux font parties des canaux où l’on rencontre le plus de personnes, où on peut y faire découvrir son entreprise et acquérir une certaine notoriété.

Facebook est parfois primordial, comme peut l’être Twitter, Instagram ou même Snapchat.

 

Est ce que tu penses que tu aurais eu les mêmes répercussions si tu avais commencé en Afrique ?

Je ne pense pas parce que si j’étais restée, l’idée de poster mes plats ne me serait même pas venue.

C’est en France que je me suis rendue compte que c’était « normal », avec tous les blogueurs, instagrammers, etc.

On a une mentalité beaucoup trop régressive en Afrique. Le blogging ou ce genre de choses ne sont pas des métiers selon certaines personnes, et on ne les considère pas à leur juste valeur. Donc non je ne l’aurais sans doute pas fait, par peur, intimidation, etc.

Ici, dès le départ ça a mordu donc je me suis dis autant continuer pour voir où est ce que ça me mènerait.

 

Quelle est la situation du marché hôtelier en ce moment ?

C’est vrai que l’Afrique est le continent le moins développé en matière d’hôtellerie comparé à l’Asie qui connaît une croissance exponentielle ou même à certaines zones d’Amérique du sud. Mais on voit depuis quelques années un vrai boom et un intérêt de la part de certaines chaines internationales comme AccorHotels , Hyatt  ou Mayotte qui s’intéressent au continent. Il faut aussi dire qu’il y a de plus en plus de chaînes africaines qui voient le jour et qui sont des chaines de luxe, lifestyle avec une réelle envie de se différencier sur le marché comme : Azalai Hôtel ou Onomo Hotels…

Je pense après que le marché hôtelier africain est à construire, et c’est pour cette raison que j’ai moi même pleins de projets pour s’inscrire dans ce processus.  Il faut montrer qu’on peut avoir nos propres chaines et ce avec une qualité de service irréprochable et une volonté de combler voire surpasser les attentes des clientes tout simplement.

 

En parlant de projets, quels sont tes projet à court et à long terme ?

Alors à court terme… Déjà je galère avec mon 2èmelivre de cuisine (rires). Il s’appellera « Wake up Africa », et portera sur les brunchs et petits déjeuners.

C’est un gros challenge parce que deux fois plus de recettes que le premier, dont certaines que je ne maîtrise pas encore parce que je m’y connais plus en plats salés. Aussi, c’est le deuxième donc j’ai envie qu’il soit parfait, mieux que le premier.
Il y a aussi le fait que je travaille et que je vais en cours en parallèle donc ce n’est pas toujours évident. 
En tout cas j’y travaille ! Il était censé sortir pour la fin de l’année mais ce sera plus pour l’été prochain.

A long terme,  concernant les livres mon but est vraiment de créer une maison d’édition africaine pour la cuisine africaine noire. Ceci dans le but de réaliser des livres avec d’autres personnes talentueuses, pas forcément des professionnels, mais ceux qui ont à cœur de valoriser la cuisine africaine et qui voudront partager cette belle aventure avec moi.

Tu parlais du fait d’allier tes études et tes activités, comment t’y prends-tu ?

Ce n’est pas évident mais ça demande beaucoup d’organisation. Par exemple, dans le cadre de mes études, je fais alternance donc 3 semaines en entreprise et 1 semaine en cours. Quand je suis en entreprise j’essaie un maximum de faire des choses pour mes activités culinaires étant donné que j’ai un statut d’auto-entrepreneur mais quand je suis en cours j’ai moins de temps. Je suis dans ma dernière de master donc beaucoup de travail.

Dans tous les cas c’est de l’organisation. Je sais qu’il y a un temps pour chiller, je suis jeune, je sais qu’il y a un temps pour me reposer (bon je n’en ai pas beaucoup). Mais il y aussi un temps pour faire mes devoirs, pour rendre mes travaux de groupe mais également pour m’accomplir dans ma vie professionnelle, dans la châine pour laquelle je travaille.

Il y a des femmes qui ont des enfants et qui font la même chose que moi voire plus, donc pourquoi je n’y arriverais pas ? L’organisation est le maître mot.

As-tu un conseil à donner aux jeunes qui n’osent pas se lancer ?

Qu’est ce que vous avez à perdre concrètement ? Vous allez essayer, ça fonctionnera peut être du premier coup et tant mieux, je vous le souhaite. Si ça ne fonctionne pas, ce n’est pas irrévocable et ni une défaite en soit.
Mon conseil : ne plus écouter les parents. Surtout chez nous. On a souvent l’habitude d’entendre des « ne te concentre pas sur ta passion », « fais plutôt une classe S », « aies un diplôme scientifique ».
Je dirais,  écoutez plutôt cette passion qui vous anime et n’ayez pas peur de vous lancer parce que vous serez plus perdants à ne pas essayer. Prends ton courage à deux mains, fais toi plaisir, kiffe ce que tu fais si tu veux entreprendre.

Aujourd’hui tout est mis en place, du moins en France, pour accompagner les jeunes entrepreneurs. C’est une belle aventure qui permet de repousser ses limites et de faire ce qu’on aime. Il y a rien de pire que de bosser toute une vie dans un domaine que l’on n’affectionne pas, ou même de bosser pour quelqu’un en ce qui me concerne.

On a besoin d’entrepreneurs africains, qui monteront des entreprises africaines, qui emploieront des africains et des personnes qui ont des projets pour développer et faire rayonner notre si beau continent.

 

Enfin, où est ce que l’on peut se procurer l’Afro Apéro ? 

L’Afro Apéro est disponible sur Amazon, la Fnac.

Sur les lieux physiques à Paris vous avez la Fnac de la Défense, de Forum, St-Lazare, Champs-Elysées. Il y a aussi Présence Africaine. 

Au Gabon vous pouvez le retrouver à Libreville : Maison de la Presse, au kiosque du Radisson Blue.
A Port-Gentil, il est disponible à Livre Plus.  

 

N’hésitez pas à vous procurer l’Afro Apéro pour régaler vos amis et à suivre Julie sur Facebook et Instagram !

 

Catégories : On dit quoi ?Portraits

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *